Last updated on 28 mars 2025

Metteurs en scène de théâtre Israéliens, Ido vit à Paris, Hannan à Tel Aviv. À l’invitation d’un festival de théâtre européen, ils décident de créer une pièce sur leur patrie névrosée en passe de basculer dans le totalitarisme, mais néanmoins, en quelque sorte, aimée.
Mais lorsque le 7 octobre 2023, en pleine répétition, une nouvelle guerre éclate et que la catastrophe se déchaîne, la réalité dépasse toute fiction.
Hannan Ishay/Ido Shaked
Théâtre Paris-Villette
211, avenue Jean Jaurès
75019 Paris
Grande salle
Metro 5 Porte de Pantin
20.03.2025 > 26.03.2025
Durée : 1 h 10en anglais surtitré français
On se protège et on protège le public, c’est un endroit de bienveillance.
Ido Shaked sur Radio France
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Mode d’emploi pour metteur en scène Israélien en Europe, d’Hannan Ishay et Ido Shaked.
Comment faire un spectacle quand on est 2 metteurs en scènes Israéliens invités à se produire en Europe sur le thème de l’identité ? Faut-il passer par la case Moyen-Orient ?
Ou la Shoah ? Est-il possible d’éviter la politique après le 7 octobre et les massacres de part et d’autres ? Des questions au bord du gouffre qui se saisissent des mots et de situations quasi tabou. Presque un voyage au bout de l’enfer, sauf que nous spectateurs, nous en revenons bouleversés et reconnaissant envers ces deux metteurs en scène faisant office de comédiens. J’ai perçu leur vulnérabilité dans leur jeu donc la nôtre ! Bouleversant ! Courez-y vite.
En lisant l’article dont j’ai mis un extrait du journal Le Monde ci-dessous, je me suis replongée dans la pièce vue hier au Théâtre Paris Villette (livre que je veux lire). Doit-on obligatoirement, parce qu’on est israélien de gauche et artiste, parler de la guerre mais peut-on l’éviter. Faire comme si ? Et nous spectateurs, est-on là pour se donner bonne conscience et ne pas réagir à la « bête immonde » qui monte chez nous ?
On a ri, été émus pendant ce spectacle et beaucoup discuté après… Il reste peu de jours, Courez-y !
Extrait d’un article du « Monde »
Dror Mishani, écrivain israélien : « Le traumatisme du 7-Octobre a fait de notre pays une société obsédée par la vengeance ».
Propos recueillis par Raphaëlle Rérolle
L’écrivain israélien publie « Au ras du sol » (éditions Gallimard), une réflexion sur ce que peut la fiction dans un pays en guerre contre le Hamas. Dans un entretien au « Monde », il déplore le fait que les Palestiniens ne sont plus considérés comme des êtres humains, mais comme des « ennemis sans visage »… Dror Mishani est un écrivain israélien né en 1975, qui enseigne la littérature à l’université de Tel-Aviv, après avoir été éditeur et collaborateur du quotidien Haaretz… Dror Mishani quitte provisoirement le genre policier. Sous-titré « Journal d’un écrivain en temps de guerre », le livre est une plongée dans la vie d’une famille israélienne durant les premiers mois de la guerre contre le Hamas, mais aussi dans les réflexions de son auteur sur la situation de son pays et le rôle de la littérature.
Quand on est metteurs en scènes israéliens et de gauche, comment faire pour créer une pièce sans parler de la situation au Proche Orient ? Appelés en 2022 à monter un nouveau spectacle pour un festival en Autriche, Ido Shaked et Hannan Ishay cherchent à réaliser cette gageure alors que les évènements se bousculent : remise en cause de l’état de droit en Israël, massacre du 7 octobre, destruction de gaza et ses dizaines de milliers de morts, alors que le public attend forcement une prise de position. C’est cette tentative infructueuse qui nous est donnée sur scène avec ses impasses, ses contradictions. Mise en scène et jeu dépouillés très efficaces, dialogues toujours justes sans pathos et teintés d’ironie, spectacle indispensable à voir pour appréhender les états d’âmes d’une fraction de la gauche israélienne.
Ce spectacle est vraiment réconfortant, encourageant, par sa sincérité et sa bienveillance.
En plus, nous avons aussi découvert un théâtre que nous ne connaissions pas du tout.